Législatives en Outre-mer : pléthore de candidats

Les légistatives en Outre-mer suscite un fort engouement

Il y a foule aux législatives en Outre-mer. Les 27 circonscriptions sont très convoitées, comme en 2017 d’ailleurs. La différence, cette année, c’est ce regard particulier qui sera porté sur les choix des électeurs, les 12 et 19 juin 2022. La raison ? Les résultats de la dernière présidentielle, très différents de ceux de la France d’Europe, avec, au premier tour, un plébiscite de Jean-Mélenchon et, au second, le rejet de la politique d’Emmanuel Macron, ce dont a bénéficié Marine Le Pen. En attendant la mobilisation des électeurs, ce sont les candidats (305) qui se montrent très intéressés par le poste de député. Sans doute à cause des avantages que peut procurer la fonction. Et peut-être seulement pour cette raison, dans quelques cas. Quand on entend les discours de certains candidats complètement déconnectés de la réalité du fonctionnement de l’Assemblée nationale, on a le droit le penser. Beaucoup n’ont pas encore compris qu’il s’agit là d’un scrutin national, qui n’a rien à voir avec les élections locales.

Cela dit, l’engouement que suscitent ces législatives en Outre-mer — auprès des candidats en tout cas — est un bon signe pour la démocratie. Reste maintenant à séduire l’électeur et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné.

Le siège de Max Mathiasin, le plus convoité

La circonscription la plus convoitée, c’est la troisième de Guadeloupe. Le député sortant, Max Mathiasin, sera face à dix-neuf concurrents. En 2017, il y en avait deux de plus, ce qui ne l’avait pas empêché de l’emporter, sans parti, face aux deux organisations politiques les plus en vue sur ce territoire : Guadeloupe unie, responsable et solidaire (GUSR) et la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste (PS), qu’il avait quitté peu avant. Aujourd’hui, fort de son bilan, qu’il brandit à la face de qui veut le lire, il montre une certaine confiance. Une fois de plus, il vient sans soutien d’aucun parti, mais avec la force de la conviction. Il a marqué cette mandature par ce discours qui lui a valu d’obtenir la 5e standing ovation de la 5e République. Il avait interpellé le gouvernement sur la vente de migrants noirs sur des marchés aux esclaves en Libye. En ce mois de mai, mois de mémoire, le sujet prend tout son sens.

Les deux autres circonscriptions les plus convoitées (17 candidats) sont les premières de Martinique et de La Réunion. Quant à la moins prisée, c’est la circonscription unique de Saint-Pierre-et-Miquelon (4 candidats).

Justine Bénin joue son poste au gouvernement

Le comportement de l’électorat sera un des enjeux de ces élections, après la présidentielle qui avait été marquée par ce désaveu cinglant de la politique d’Emmanuel Macron, notamment en Guadeloupe où l’on trouve un membre du gouvernement dans la bataille de ces législatives. Il s’agit de la députée sortante de la 2e circonscription, Justine Bénin, secrétaire d’État chargée de la Mer. Une victoire lui est nécessaire pour conserver son poste au gouvernement. Ce ne sera pas forcément simple face à quatorze adversaires, qui ne lui font aucun cadeau, appuyant sur là où ça fait mal : son soutien à la politique sanitaire du gouvernement.

La campagne de ces législatives s’appuie sur ces résultats de la présidentielle et le message qui circule porte sur le rejet de ceux qui ont soutenu la politique d’Emmanuel Macron.

Législatives en Outre-mer : l’oubli de la Nupes

Le Rassemblement national l’a bien compris en positionnant des candidats dans une vingtaine de circonscriptions. Du côté de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) réunissant la France insoumise, le Parti socialiste, Europe-Écologie-les-Verts et le Parti communiste, les leaders ont oublié de s’entendre dans les Outre-mer. Ainsi, dans plusieurs circonscriptions, des adversaires provenant de ces quatre partis se marchent carrément sur les pieds. Par exemple, dans la troisième circonscription de La Réunion, qui en compte sept, on trouve deux candidats LFI, un PS, un PC et un EELV.

Un groupe Outre-mer est-il envisageable ?

Tout le monde veut visiblement aller siéger à l’Assemblée nationale en défendant sa chapelle. Il faut espérer qu’au terme de ces élections, nos députés sauront mettre leurs divergences de côté afin de privilégier l’intérêt collectif des Outre-mer ; à commencer par la création d’un groupe Outre-mer. Cela n’avait pas été possible l’an dernier, malgré la volonté des députés corses de s’y associer. Nous verrons, si cette fois-ci, ce sera possible, avec l’expérience d’une mandature.

Législatives en Outre-mer : tous les candidats

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