Foire de Paris : l’Outre-mer tient sa place… a minima

Foire-de-Paris : l'Outre-Mer tient sa place a minima

À la Foire de Paris 2022, l’Outre-mer a bien tenu sa place, mais devrait-on s’en contenter ? A quand un espace « L’Outre-Mer invente » ou « L’Outre-Mer innove », pour sortir du boire-manger-danser habituel ?

La Foire de Paris était de retour du 28 avril au 9 mai 2022, au Parc des expositions de la Porte de Versailles, après deux années de trêve consécutive à la crise sanitaire. D’où le thème : C’est Re-Party ! Douze jours pour oublier la Covid-19 et se tourner vers l’avenir. C’est dire à quel point ce rendez-vous était attendu par les 1 172 exposants et les milliers de visiteurs potentiels. Dans cette profusion de décorateurs, de constructeurs, de restaurateurs, d’artisans d’art, etc. l’Outre-mer a tenu sa place ; celle qui lui a été attribuée pour lui permettre de montrer son savoir-faire en matière d’animation festive, de saveurs culinaires, de créations artistiques artisanales… Sans difficulté particulière, les ressortissants de ces territoires français situés aux quatre coins du monde ont respecté leurs engagements.

Toutes les saveurs d’Outre-mer

Au pavillon 4, espace dédié à l’Outre-mer, c’est une farandole de couleurs chatoyantes, de musiques rythmées et de senteurs épicées, qui accueille le visiteur. Au menu : accras de morue, boudin créole, bokits guadeloupéens, bonbons piments réunionnais, colombo, bouillon d’Awara guyanais, poulet boucané, bébélé marie-galantais, sorbet au coco, rhums arrangés, punchs divers… Toutes les saveurs culinaires d’Outre-mer sont réunies sur le même site. Pas très loin de celles d’autres régions très chaudes comme le Maghreb et l’Afrique équatoriale.

Le carnaval tropical anime la Foire de Paris 2022

L’Outre-Mer tient bien cette place synonyme de fête, comme en témoignent les prestations quotidiennes des artistes de passage sur la scène du traditionnel Festival Tropiques en fête, avec quelques pointures du zouk, mais aussi du piké djouk et des danses traditionnelles.
Les festivités atteignent leur paroxysme dans l’après-midi du samedi précédent la fermeture de cette 118e édition de la Foire de Paris, avec ce carnaval tropical très largement teinté antillo-guyanais, tant par le nom des groupes (Bwa bandé, Karibean Mass, Karaib de Gragny…) que par l’ambiance musicale des groupes à peau, des groupes à caisse claire et des groupes à ti-mas.

Sortir du ghetto du doudouisme

L’ambiance contraste avec l’absence des Outre-mer au Festival du livre, quelques jours plus tôt, au grand dam de ceux qui auraient voulu que ces territoires soient partie prenante du grand événement littéraire parisien. À cette Foire de Paris 2022, leur place est donc bien occupée, mais devrait-on s’en contenter ? Ne pourrait-on pas avoir un espace « L’Outre-mer invente » ou « L’Outre-mer innove », pour sortir du boire-manger-danser habituel ? La réponse est attendue des organisations professionnelles et consulaires, mais aussi des créateurs eux-mêmes. L’idée serait de mettre en lumière le côté créatif et innovant, sans pour autant rejeter le volet plaisir des espaces culinaires et festifs. Autrement dit, ne plus se contenter de la place qui est réservée à ces territoires, mais en prendre d’autres. Pourquoi pas au Grand Prix de l’innovation et/ou au Concours Lépine, qui a attribué à Geocœur son prix le plus prestigieux, celui du président de la République. Les inventeurs et créateurs d’Outre-mer ont la capacité intellectuelle et créative de se hisser à ce niveau-là. Ils l’ont déjà prouvé en d’autres temps. C’est à ce prix que les territoires d’Outre-m-mer sortiront du ghetto du doudouisme et du folklore pour s’imposer là où on ne les attend pas.

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