Macron président, le désaveu tropical

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Photo d'archives Public Sénat
Emmanuel Macron, président de la République pour cinq ans de plus, mais le désaveu des Antillais et Guyanais est cinglant.

Emmanuel Macron président à nouveau. Le verdict vient de tomber ce dimanche 24 avril 2022, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle française. Il a obtenu 58,55 % des suffrages devant sa rivale, Marine Le Pen, qui en a recueilli 41,45 %.

Cependant, la candidate du Rassemblement national sort en tête dans plusieurs régions, notamment dans les territoires des Antilles et de la Guyane, où elle devance le président sortant, soutenu, pourtant, par une majorité d’élus.

Pour Marine Le Pen, 69,60 % en Guadeloupe,60,87 % en Martinique et 60,70 % pour la Guyane.
Pour Emmanuel Macron : 60,87 % en Guadeloupe, 39,13 % en Martinique et 61,11 % en Guyane.

Ces résultats montrent bien que nous sommes loin de l’époque où le mouvement nationaliste était interdit de séjour dans cette partie lointaine de la France, majoritairement peuplée de descendants de captifs africains réduits en esclavage et d’engagés volontaires en provenance l’Inde.

Emmanuel Macron, président de la République pour cinq nouvelles années, ce n’est pas une surprise, si l’on se réfère aux derniers sondages précédents le scrutin. Cette victoire est en cours d’analyse par les experts de la vie politique française et les médias nationaux. Il en sera ainsi tout au long des jours à venir.

La stratégie de Macron président a payé

C’est l’épilogue d’une campagne assez particulière du fait qu’elle s’est, en grande partie, déroulée sans le candidat sortant ; celui-ci ayant, semble-t-il, donné la priorité à son mandat. Dans le contexte de guerre en Ukraine et de baisse du pouvoir d’achat consécutive à la hausse des prix des carburants et de certains produits alimentaires de consommation courante (huile, beurre, pâtes…), on peut le comprendre. Cependant, l’explication n’a guère convaincu ses adversaires, qui souhaitaient l’attaquer sur son bilan en face à face. Malgré leurs demandes incessantes de confrontations, il ne leur a jamais prêté le flanc. Et cette stratégie a payé sur le premier tour. Sur le second, c’était un peu plus simple face à la candidate nationaliste, accusée d’être raciste et xénophobe et de vouloir diviser les Français, et rejeté par les partis autodéclarés républicains.

Face à un candidat solide de ce front républicain, il n’est pas du tout certain, qu’il aurait réussi à rester au sommet de l’État.

Emmanuel Macron a donc gagné son pari : effectuer un deuxième mandat présidentiel. Désormais, il est temps de relever les défis qui préoccupent les Français, autour de ces questions de pouvoir d’achat, mais aussi de sécurité intérieure, alimentaire et sanitaire.

Le Pen, un vote contestataire d’abord

Toutefois, les experts vont apporter leur éclairage s’agissant la percée de Marine Le Pen sur les anciennes terres d’esclavage, mais est-ce vraiment nécessaire ? L’explication n’est-elle pas le ras-le-bol de ces citoyens, qui se considèrent comme des citoyens de seconde zone pour la France. Et de promesses non-tenues et propositions de redressement fallacieuses et insuffisamment financées, ils semblent refuser les duperies.

Et on peut se souvenir des scandales sur deux dossiers majeurs :

• l’empoisonnement d’une partie des populations au chlordécone, pour lequel un non-lieu est annoncé ;

• l’absence d’eau dans les robinets, avec la mise en place d’un syndicat mixte ouvert, mais vide.

Alors ils ont infligé un camouflet à Emmanuel Macron, dès le premier tour, en choisissant à plus de 50 % Jean-Luc Mélenchon. Le discours du leader de la France insoumise, candidat de l’Union populaire, appelant à ne donner « aucune voix à madame Le Pen » est donc resté inaudible.

Ainsi, en deux semaines, les électeurs sont pas d’un bout à l’autre de l’échiquier politique. C’est sans doute la preuve d’un vote de protestation contre une politique d’Emmanuel Macron, plutôt qu’un vote d’adhésion totale au projet de Marine Le Pen.

Toutefois, plus qu’à Emmanuel Macron, c’est aux élus de ces territoires qui l’ont soutenu que le désaveu est adressé. Ils devront se remettre en question et revoir très sérieusement leurs discours.

Les résultats sont également favorables à Marine Le Pen, à Saint-Martin (56 %), à Saint-Barthélemy (54,73 %) et à Saint-Pierre-et-Miquelon (50,69 %).

Les résultats complets

Guadeloupe

Martinique

• Guyane

Saint-Martin/Saint-Barthélemy

• Saint-Pierre-et-Miquelon

Mayotte

La Réunion

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