Raciste et xénophobe, parfois on s’ignore

Raciste et xénophobe, parfois on s'ignore
Marine Le Pen raciste et xénophobe, c’est l’un des arguments majeurs des adversaires de la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle, qui aura lieu ce dimanche 24 avril 2022. Mais qui est raciste et xénophobe en France et qui ne l’est pas ?

Comme en 2002, contre Jean-Marie Le Pen, du Front national, puis en 2017, contre Marine Le Pen du Rassemblement national, un grand nombre d’hommes politiques crient au loup, en 2022. Ils craignent une éventuelle victoire du mouvement nationaliste, placé à l’extrême-droite de l’échiquier politique français. Marine Le Pen, arrivée en deuxième position à l’issue du premier tour de la présidentielle, peut gagner, même si les sondages lui sont défavorables et ont toujours influencé les électeurs.

Le principal grief retenu contre la candidate du Rassemblement national, ce n’est pas le projet qu’elle a présenté tout au long de cette campagne électorale, mais bien le berceau d’extrême-droite dans lequel, elle est née et a été bercée tout au long de sa vie. Certes, il restera toujours des traces de son éducation dans sa vie personnelle et dans son parcours politique, comme si elle était condamnée à perpétuité à subir les erreurs de son père. Et puis, qui est vraiment d’extrême-droite dans ce pays de France et qui ne l’est pas ?

Ces racistes cachés derrière la bien-pensance

Combien sont les racistes et xénophobes qui se cachent derrière la bien-pensance pour mieux vous mettre un coup de pied aux fesses en vous souriant ? Combien sont ces bonnes gens qui ne cachent pas leur soutien à des partis autodéclarés républicains, qui militent même dans ces organisations de gauche, de droite, du centre, etc., et qui, lorsqu’ils sont dans leur vie privée, ont des comportements suspects dès qu’ils se retrouvent face à une personne qui ne leur ressemble pas physiquement ou qui ne vient pas de leur territoire ?

Ils sont bien plus nombreux qu’on ne l’imagine, ces gens de bonne France — comme on dirait de bonne famille — qui, lorsque des jeunes répondent à une offre d’emploi, privilégient, celui qui leur ressemble au détriment de l’étranger ou simplement du basané, si celui-ci ne fait pas franchement la différence en termes de compétences.

Idem quand il s’agit de logement dans l’Hexagone ou d’une promotion dans une entreprise des Antilles tenue par un béké. Il faut être toujours deux ou trois fois meilleur pour être sûr de s’imposer, quand on a trop de mélanine ou quand on vient d’un quartier sensible…

Halte à l’hypocrisie !

Ces gens de bonne France, qui transpirent l’hypocrisie, veulent bien accueillir toute la misère du monde, mais surtout pas dans leur quartier pavillonnaire ou dans leur résidence privée ?

Bien sûr, ils ne sont pas les plus nombreux. En tout cas, osons le croire ! Il y a des millions de Français très sincères et très ouverts d’esprit en France, comme il y a des millions d’étrangers ou de Français de type négroïde, qui se sont bien intégrés dans ce beau pays, mais il ne faut pas se voiler la face, il y a un vrai problème de gestion des flux migratoires et d’intégration en France. Et certains osent le dire, le reconnaître et apporter leurs solutions là où leurs prédécesseurs ont fait preuve d’immobilisme, pour ne pas dire de je-m’en-foutisme.

Marine Le Pen et d’autres expriment leur volonté de régler le problème. Leurs solutions peuvent laisser perplexe plus d’un citoyen. Cependant, le besoin de se pencher sur le sujet sérieusement est une évidence. Ce n’est donc pas un hasard, si la candidate du Rassemblement national termine en deuxième position dans plusieurs de ces territoires français des océans Atlantique et Indien, se payant même le luxe d’arriver en tête à Mayotte, département gangréné par l’immigration incontrôlée de leurs frères des autres îles comoriennes.

Sur le plan national, Marine Le Pen arrive en tête dans plus de la moitié des communes : 57, comme en 2017.

Alors, quand certains disent que Marine Le Pen au pouvoir, c’est le départ des étrangers, ils mentent. Aucun président ne pourra jamais se passer des Pakistanais et Sri-lankais qui travaillent dans les cuisines des restaurants français, ni des ressortissants africains qui nettoient les rues des grandes villes françaises et encore moins du personnel soignant étranger des hôpitaux. Depuis 2018, des centaines d’infirmiers et d’infirmières français mal considérés ont qui quitté la France, où ils gagnaient 1 600 euros pour s’installer au Québec où ils gagnent 3 000 euros, qui va les remplacer ?

Que risquent les derniers de cordée ?

Ce volet sur l’immigration est juste un élément parmi beaucoup d’autres du programme de Marine Le Pen, mais c’est là-dessus que ses adversaires se focalisent. On entend très peu de commentaires sur son projet pour le pouvoir d’achat et sur d’autres points.

Nous avons retenu cette revendication des Gilets jaunes qui ont réclamé à cor et à cri l’instauration du référendum d’initiative citoyenne sans résultat, si ce ne sont quelques mains déchirées ou quelques yeux arrachés.

Alors de quoi, ces gens-là peuvent-ils avoir plus peur ? Redonner carte blanche à leur éborgneur pour arracher l’autre œil ? Et ces personnels de santé, mis sur la touche et privés de salaires, après avoir été applaudis tous les soirs pendant le confinement de mars-avril 2020, doit-on leur tenir rigueur s’ils mettent un bulletin de Marine Le Pen dans l’urne le 24 avril ?

De même, que peut-on dire à tous ceux, qui réclamaient une revalorisation de leur pénible labeur ou quelques postes supplémentaires pour les soulager, quand ils se sont retrouvés face à une fin de non-recevoir, tandis qu’un cabinet de conseil américain se goinfrait de plusieurs millions d’euros ?

Alors, toutes ces personnes de la France d’en-bas, les derniers de cordée, se disent qu’elles n’ont sans doute plus rien à perdre en votant Marine Le Pen.

Les Français ne seront pas plus divisés. Depuis des décennies, les oppositions entre ce que certains appellent la petite racaille de banlieue, d’une part, et la petite bourgeoisie des centres-villes, d’autre part, sont une réalité.

Alors quand certains croient prévenir en affirmant que si Marine Le Pen est élue, dimanche soir, ce sera la fin de la France du vivre-ensemble tel qu’ils le vivent ou en rêvent, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas regardé au-delà du bout de leur nez.

Les racistes « malgré eux »

Un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme datant de 2013 qualifie une partie de ces personnes de racistes « malgré eux » et décrit leur comportement en ces termes : « On observe parmi les racistes « malgré eux » des discours ambivalents, qui
condamnent le racisme, mais simultanément le comprennent et même le relaient.
Ce groupe, majoritaire dans l’échantillon, se caractérise par une très grande
hétérogénéité. Il rassemble en effet tous les profils, de droite comme de gauche,
diplômés ou non-diplômés, ruraux ou urbains, etc. Ces racistes « malgré eux »
hésitent entre la condamnation du racisme et l’expression d’un « ras-le-bol » qui
se focalise sur la question des Arabo-musulmans, en déplorant l’islamophobie
tout en la comprenant. Ils peuvent ainsi s’autoriser une parole « raciste » tout
en s’en exonérant (« On m’a forcé à être raciste ! »). Il s’agit autrement dit d’un
racisme dont sont responsables les victimes du racisme elles-mêmes. »

Pensez-vous que les choses se soient améliorées depuis ? Le débat reste ouvert.

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