Le Rassemblement national peut-il s’imposer en Outre-mer ?

Rassemblement national

Le Rassemblement national peut-il bénéficier de l’effet du second tour de la présidentielle dans les pays d’Outre-mer, lors des élections législatives, notamment auprès des électeurs des territoires des océans Atlantique et Indien ? Les espoirs de ses militants sont évidents et ses dirigeants ont bien pris la précaution de présenter des candidats dans un maximum de circonscription.

Le parti de Marine Le Pen est présente dans toutes les circonscriptions de Martinique (4), de Guyane (2), de La Réunion (7) et de Nouvelle-Calédonie (2). En Guadeloupe, le RN brigue trois circonscriptions sur quatre ; laissant quartier libre au candidat Reconquête dans la quatrième !

Pas d’alliance avec Reconquête

Cette répartition aurait pu faire penser à une entente entre les deux partis d’extrême-droite. Mais il n’en est visiblement rien quand on regarde dans l’île voisine, la Martinique, où les candidats RN auront systématiquement face à eux un candidat Reconquête, dans chaque circonscription. Cette rivalité entre les extrémistes de droite est toutefois une exception dans la zone Atlantique puisqu’en Guyane, le Rassemblement national ne trouvera pas de candidat Reconquête sur sa route. À La Réunion, une seule circonscription (sur sept) met en opposition les deux partis nationalistes ; le parti d’Éric Zemmour n’étant visiblement pas encore suffisamment implanté sur certains territoires.

Pas de candidats RN dans les territoires à circonscription unique tels que Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon et Saint-Martin-et-Saint-Barthélemy où il y a une candidate Reconquête.

En Polynésie française, le RN a su placer un candidat dans la troisième circonscription et à Mayotte, un dans la deuxième.

La Nupes en ordre désordonné

C’est donc un large maillage des Outre-mer que propose le RN. C’est évidemment la conséquence de ses bons résultats au second tour de la présidentielle de son leader Marine Le Pen. Elle avait largement bénéficié du phénomène de rejet de la politique d’Emmanuel Macron.

Pour ces législatives, le RN peut aussi bénéficier du manque d’intérêt pour les Outre-mer de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) dans son objectif de rassemblement pour ces législatives. Les dirigeants de La France insoumise, du Parti communiste, du Parti socialiste et d’Europe-Écologie-les-Verts ont oublié que ces territoires faisaient aussi partie de la nation française et ont laissé leurs représentants se déchirer dans cette France à part. Pour preuve, le délégué LFI des Outre-mer, malgré nos nombreuses sollicitations, n’a pas donné suite à notre invitation à expliquer comment allait s’organiser la répartition des candidats de Nupes dans ces territoires. Ainsi, dans certaines circonscriptions, tous les partis de Nupes ont un représentant. L’exemple le plus flagrant, c’est la troisième circonscription de La Réunion où l’on trouve deux candidats LFI, un PS, un PC et un EELV.

Le Rassemblement national face à Ensemble !

Dans ces conditions, le RN pourrait encore profiter de la situation. À condition bien sûr de prendre le dessus sur les candidats d’Ensemble. On remarque toutefois que le parti du président Emmanuel Macron n’est pas représenté dans neuf circonscriptions, dont certaines qui semblent importantes à La Réunion (1 et 2), en Martinique (1 et 2), en Guadeloupe (1), en Guyane (1) et dans les deux circonscriptions uniques de Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna. Il y a comme une impression de peur de porter les couleurs de la Macronie. Même le député sortant de la première circonscription de Guadeloupe, Olivier Serva, ne s’y est pas risqué. Il faut dire aussi qu’après avoir défendu la politique d’Emmanuel Macron aux côtés ses amis de Guadeloupe unie, solidaire et responsable (GUSR) et du président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, il a pris ses distances, notamment lors de la crise sanitaire en votant contre le passe vaccinal.

Le Rassemblement national peut-il alors vraiment profiter du contexte créé par le second tour de la présidentielle ? Pour nombre d’observateurs, les chances du parti de Marine Le Pen sont très minces eu égard au fait que le vote du 24 avril 2022 était essentiellement un vote de rejet d’Emmanuel Macron, pas d’adhésion à ligne politique de l’héritière de Jean-Marie Le Pen. Il pourrait toutefois y avoir quelques qualifications pour le second tour, en raison de la dispersion des voix de la gauche, mais sans doute pas plus. Mais ce sont les électeurs qui décideront. Ne jamais l’oublier !

À l’échelle nationale, le dernier sondage publié par le magazine l’Express place la Nupes et Ensemble en tête des pronostics. Dans les Outre-mer, les résultats iront-ils une nouvelle fois à contre-courant des sondages ? Rendez-vous à l’issue du premier tour, dimanche prochain (12 juin 2022), pour avoir une première partie de la réponse, en attendant le second, une semaine plus tard, le 19 juin.

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