La Route du Rhum entre succès et critiques

Route du Rhim - Destination Guadeloupe

La Route du Rhum-Destination Guadeloupe, c’est parti. La flotte a largué les amarres, depuis la baie de Saint-Malo (Bretagne), ce mercredi 9 novembre 2022, à 14 h 15, trois jours après le report de la date initiale de départ, pour cause de météo désastreuse.

L’arrivée de la célèbre course transatlantique solitaire à voile est toujours prévue à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), la semaine prochaine, au terme d’une traversée de 3 543 miles (6 562 km). Ce qui change par rapport aux éditions précédentes, c’est le nombre d’engagés : 138 : C’est 18 de plus que le record de 2018 et bien plus encore que les 38 concurrents de la première édition de 1978.

Records à battre

Ce record est amené à tomber à chaque édition quand on voit l’engouement des skippers pour cette compétition, d’une olympiade à l’autre. Un autre record peut encore être pulvérisé. C’est celui de temps mis pour aller de la Cité des Corsaires à la baie de Pointe-à-Pitre. Il a été porté, en 2018, à 7 jours, 14 heures, 21 minutes et 47 secondes, par le vainqueur Francis Joyon, à la barre d’Ultime.

Compte tenu de l’évolution des technologies employées pour faire avancer les géants des mers que sont les huit bateaux de la catégorie Ultim engagés, on peut envisager une traversée encore plus rapide, notamment par le détenteur du record.

Rendez-vous incontournable du calendrier des passionnés du monde de la navigation et de professionnels du tourisme. Quarante-quatre ans après la première édition, dont le vainqueur, le Canadien Mike Birch, vient de prendre le large vers l’autre monde, l’événement a donc pris une dimension que ses fondateurs n’avaient sans doute pas imaginée.

Une belle présence des skippers guadeloupéens

L’engouement populaire et sportif, symbolisée par le nombre croissant d’inscrits d’une édition à l’autre et l’intense fréquentation du village de départ de Saint-Malo, en sont des preuves flagrantes.

Il en est de même pour le nombre de skippers guadeloupéens de naissance ou d’adoption, qui cherchent à briller sur cette épreuve. Le temps où Claude Bistoquet était le seul est bien loin. C’était en 1990 et 1994. Cette année, ils sont sept : Willy Bissainte (Tradisyon Gwadloup), Sacha Daunar (Bateau Cit’Hôtel – Région Guadeloupe), David Ducosson (Trilogik – Dys de cœur), Kény Pipérol (Captain Alternance), Damien Seguin (Groupe Apicil), Rodolope Sépho (Rêve de large-Région Guadeloupe), Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en peloton-Arsep)

Une Route du Rhum attaquée toutes parts

Cependant, si sportivement la course n’a rien à prouver, en termes de retombées sur investissement et d’écologie, l’épreuve ne manque pas de s’attirer des critiques. En témoignent les polémiques sur l’effectif de la délégation de la Région-Guadeloupe présente à Saint-Malo et la réaction des écologistes sur l’impact environnemental de la compétition.

Un article du Canard enchaîné, datant du mercredi 26 octobre, sous le titre « La Route du Rhum à la voile saoulée par sa démesure », n’est pas non plus passé inaperçu. L’hebdomadaire satirique accuse la société organisatrice OC Sport, filiale du Télégramme de Brest, d’engranger des « bénéfices maousses avec des subventions publiques ».

En effet, la Région Guadeloupe n’a pas lésiné sur les moyens, pour faire de cette course un vecteur de promotion de la destination Guadeloupe, mais c’est un choix politique, censé avoir des retombées économiques conséquentes, notamment pour le secteur du tourisme.

Ne pas dormir sur les lauriers du succès

Le soutien apporté aux professionnels de l’hôtellerie et du tourisme, aux producteurs de rhum, aux agrotransformateurs, aux artisans et restaurateurs, présents en nombre au Village de Saint-Malo, va dans ce sens, même si là aussi, la très forte affluence n’a pas plu à tout le monde.

Comme tous les grands événements de ce monde (Coupe du monde de football, Jeux olympiques, Tour de France cycliste, Ligue des Champions, etc.) la démesure financière et les largesses prises avec l’écologie sont toujours l’objet de critiques. La Route du Rhum – Destination Guadeloupe n’y échappe pas aujourd’hui et parions que cela ne changera pas à l’avenir. Alors, les décideurs guadeloupéens devront s’y habituer, sachant qu’il y a tant de territoires de la Caraïbe, qui auraient aimé bénéficier de la visibilité médiatique qu’offre ce rendez-vous quadriennal. Cependant, les organisateurs et les élus ne doivent pas faire la sourde-oreille face aux observations qui leur sont faites. Ils n’ont pas le droit de rester inflexibles sur les évolutions et choix politiques et stratégiques possibles.

En attendant la réflexion, place à la compétition !

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